Qu’est-ce que le syndrome de l’intestin irritable ? Symptômes, causes, traitement…

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Le syndrome de l’intestin irritable est un trouble digestif très courant, puisqu’il touche près de 15% de la population mondiale. C’est à dire plus fréquent que le diabète ! Et pourtant, tout le monde connait ce dernier tandis que l’intestin irritable, moins glamour, reste passé sous silence… Aujourd’hui, levons donc les tabous pour en apprendre plus sur ce problème digestif chronique !

Reconnaitre le syndrome de l’intestin irritable

Le syndrome de l’intestin irritable (aussi appelé colopathie fonctionnelle ou colon irritable) est un trouble fonctionnel de l’intestin sans danger vital. En conséquence, il est souvent négligé alors qu’il présente tout de même des gênes très importantes voire même socialement handicapantes.

Ce problème digestif touche majoritairement les femmes adultes et se caractérise principalement par des douleurs abdominales, mais les symptomes sont en réalité très nombreux. Voici les principaux symptômes rencontrés lors du syndrome de l’intestin irritable :

  • Constipation, diarrhée, ou alternance erratique des deux
  • Ballonnements (même en ayant peu mangé)
  • Distension du ventre (au point que soudainement vous ne rentriez plus dans vos pantalons, sans avoir pris de poids)
  • Flatulences, gaz
  • Fatigue (piquer du nez après le repas car la digestion fatigue énormément)
  • Crampes abdominales douloureuses, spasmes
  • Envies urgentes & soudaines d’aller à la selle

Avec le syndrome de l’intestin irritable, le vécu de chaque patient est très différent. Ainsi, la présence de tous les symptômes n’est pas systématique, et leur intensité peut varier d’une personne à une autre. Les symptômes peuvent également évoluer dans le temps : ce problème de santé chronique s’exprime souvent en longues périodes d’accalmies, sans symptômes ou presque, entrecoupées de périodes de rechute pouvant durer plusieurs mois.

Il est parfois dur de reconnaitre le syndrome de l’intestin irritable, car les symptômes ne sont pas spécifiques à la pathologie, et peuvent donc provenir d’autres problèmes de santé (ou de problèmes de santé concomitants). C’est pour cela que les personnes atteintes montrent souvent une errance médicale très longue avant de bénéficier d’un diagnostic.

Femme sur un canapé se tenant le ventre à cause des douleurs abdominales du syndrome de l'intestin irritable

Quelle est la cause du Syndrome de l’intestin irritable ?

Dans le cadre de l’intestin irritable, on parle de « syndrome » : c’est à dire qu’on nomme le problème par l’ensemble des signes et symptômes caractéristiques. Un peu perdu(e) ? Voici un parallèle facile à comprendre : les règles (problématique, cause) VS le syndrome prémenstruel (cortège de symptomes en conséquence, qu’on a regroupé sous un nom car le même combo est rencontré par beaucoup de personnes).

Si on ne parle pas à propement parler d’une maladie ici, et bien… c’est justement que pour le SCI, les chercheurs sont encore dans le flou quant à la cause. En effet, les avancées sur le sujet sont extremement récentes, car jusqu’au début des années 2000 on mettait encore tout sur le dos de l’intolérance au lactose (du coup personne n’avait pensé à s’y intéresser d’un peu plus près !)

Ceci dit, plusieurs facteurs qui semblent jouer un rôle ont été identifiés :

  • Les infections (les premières crises de SCI peuvent apparaitre suite à des infections comme des gastro sévères ou intoxications alimentaires)
  • Les intestins sensibles, irrités, inflammés (porosité intestinale, SAMA…)
  • Le déséquilibre du microbiote (dysbiose, SIBO…)
  • Aliments mal digérés (une grande partie des personnes atteintes du SCI dénotent des sympomes du Reflux gastro-oseophagien, et vice versa ˢᵒᵘʳᶜᵉ )

Malgré cela, la cause réelle de l’intestin irritable n’a pas encore été précisément déterminée (par exemple, l’infection pourrait être en fait simplement révélatrice d’une maladie qui est déjà présente de façon latente). C’est pour ça que le diagnostic est souvent compliqué, avec beaucoup d’errance médicale : il n’y a aucun test qui dit « ça y est, vous avez l’intestin irritable ! »

Comment se déroule le diagnostic du syndrome de l’intestin irritable ?

Lorsque vous présentez des symptômes évocateurs, il est fort probable que votre médecin, se doutant de quelque chose, vous prescrive toute une panoplie d’examens à réaliser : prises de sang, coloscopie, examen des selles… En fait, on élimine tous les autres problèmes de santé qui pourraient causer des symptomes similaires (c’est un diagnostic par exclusion, ou « diagnostic différentiel »).

En tête de liste (mais non exhaustif) : maladie coeliaque ou auto-immune, allergie alimentaires, alteration du microbiote, problème physiologique… Si vous n’avez rien de tout cela, alors il est très probable que ce soit le SCI. A ce moment, les traitements reconnus efficaces pour prendre en charge l’intestin irritable sont testés, et si votre corps y répond favorablement, alors l’affaire est conclue !

Femme qui fait la grimace en se tenant le ventre douloureux, à cause du syndrome de l'intestin irritable

Quels traitements contre l’intestin irritable ?

1. Appaiser les symptomes

Par le passé, le traitement de choix pour le SII était purement médicamenteux : cure de probiotique, et supprimer les gênes ressenties à grands renforts de laxatifs, antidouleurs, antispasmodiques & cie, pris au long cours.

Avec les avancées plus récentes de la recherche, on réalise de plus en plus que cette approche n’est pas forcément la plus adaptée. Par exemple, les probiotiques sont bénéfiques pour certains des colopathes, mais pour d’autres cela ne fera rien… ou même au pire une provocation de symptomes additionnels. Quant aux médicaments, s’ils sont utiles en cas de crise, les prendre tous les jours en traitement préventif n’est pas dénué de risque.

Actuellement les prises en charge les plus précognisées sont :

  • Ponctuellement en cas de crise aigüe : les médicaments, tisanes, le charbon ou encore les bouillottes chaudes
  • Pour travailler plus en profondeur : agir activement pour aider à l’amélioration de l’état digestif. Avec par exemple la stimulation du nerf vague, ou encore la méthode FODMAP, établie par l’université de Monash en Autralie.

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2. Eliminer les causes déclencheuses de crises

Nous l’avons vu précédemment, le syndrome de l’intestin irritable fonctionne par épisodes.
Ainsi, en se focalisant uniquement sur l’élimination des symptomes, on peut donc rester bloqué en cercle vicieux. Par exemple, si votre période de rechute du SCI est liée à des excès de table répétés, vous aurez beau vous passer de lactose et prendre toutes les tisanes du mondes, les gênes reviendront encore et encore.

Identifiez : à quel moment votre santé s’est-elle dégradée ? Cela correspond-il à quelque chose ? Etes-vous dans un environnement stressant, toxique, riche en contrariété ? Manquez vous de sommeil ? Avez-vous eu une intoxication alimentaire récemment ?

⚠️ Bon à savoir : le SCI est une véritable maladie chronique et n’est pas « juste dans la tête » – même si les facteurs psychologiques peuvent en effet causer et accentuer des symptômes.

3. Explorer sa santé

Si les causes exactes du syndrome de l’intestin irritable ne sont pas exactement connues, il y a une chose qui est en revanche très vraie dans le secteur de la santé : la règle du 80/20. Comprenez : 80 % des effets sont le produit de 20 % des causes. Et ce qui est magique, c’est que si vous donnez un coup de pouce à votre corps sur un soucis, il sera plus à même de gérer ce qu’il reste tout seul.

Ainsi, pour aller plus loin et prévenir au plus des périodes de rechute, n’hésitez pas à creuser sur vos problématiques de santé. De l’estomac à la thyroïde, de nombreux organes peuvent avoir des conséquences sur la digestion. De plus, que vos problèmes soient liées à l’intestin irritable ou non, cela diminuera dans tous les cas la charge globale subie par votre corps, et ne pourra qu’être bénéfique.

4. Avoir une bonne hygiène de vie

Les excès de table, le grignottage, le manque de sommeil et le sédentarisme sont des enemis d’une digestion efficace. Comme pour beaucoup de problèmes de santé, maintenir une hygiène de vie correcte, avec une activité physique modérée, aide à la bonne santé.

Le SCI : aspect psychologique

Si dans notre société le syndrome de l’intestin irritable est tabou, il n’y a pourtant aucune raison d’avoir honte : tout le monde ou presque connait des troubles digestifs. Citons par exemple ceci : selon une étude IPSOS, plus d’un tiers des français sont frappés par des constipations chroniques.

De plus, comme nous venons de le voir, avec ses 15% de fréquence, vous avez statistiquement dans votre entourage déjà une ou plusieurs personnes atteintes de l’intestin irritable : vous n’êtes pas seul(e)s ! D’ailleurs, il est primordial de ne pas s’isoler ou de chercher à cacher car, en ce faisant vous allez rajouter une pression psychologique supplémentaire par dessus le problème. Et si vous avez bien lu l’article, vous comprendrez que cette même pression peut à son tour entrainer un cercle vicieux qui vous déclenche des crises 😬

Maintenant que vous en savez plus, je vous laisse parcourir le site et découvrir mes autres articles et recettes adaptées (pour se faire plaisir sans souffrir de vos symptômes !). Sur ce, je vous laisse sur une petite citation bien sympathique qui, je trouve, prends particulièrement son sens dans notre contexte 😉

Connais ton ennemi et connais-toi toi-même ; eussiez-vous cent guerres à soutenir, cent fois vous serez victorieux. Si tu ignores ton ennemi et que tu te connais toi-même, tes chances de perdre et de gagner seront égales. Si tu ignores à la fois ton ennemi et toi-même, tu ne compteras tes combats que par tes défaites.

Sun TZU, L’art de la guerre

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